Le syndrome de la pâquerette

Aujourd’hui, déprimons philosophons avec Sébi.

L’autre jour, je lisais ce petit livre passionnant de Hubert Reeves, Joël de Rosnay, Yves Coppens et Dominique Simonnet, intitulé « La plus belle histoire du monde » (éd. Points), dans lequel D. Simonnet interviewe les trois autres à propos de la naissance de l’univers, puis celle de la vie sur Terre, puis celle de l’homme.

Je n’ai pas encore fini ce livre, mais un passage m’a marqué (chapitre Joël de Rosnay), que je souhaite partager avec toi aujourd’hui :

« Imaginons, comme le propose l’Anglais James Lovelock, une petite planète peuplée par des pâquerettes blanches et des pâquerettes noires. Les blanches réfléchissent la lumière du soleil, et tendent à refroidir la température de leur environnement ; les noires, au contraire, absorbent la lumière solaire et réchauffent leur milieu. (…)

Au départ, la planète est très chaude. Les pâquerettes ne résistent pas et meurent en grand nombre. Quelques blanches, regroupées dans un petit système local, refroidissent leur environnement par leur simple présence et survivent. Plus la température baisse dans cette région, plus elles prolifèrent et gagnent du terrain. Au bout d’un certain temps, elles occupent presque toute la surface de la planète, qui devient en majorité blanche. Mais du coup, la température baisse, elles commencent à mourir en quantité. Ce sont maintenant les noires survivantes qui ont un avantage : en réchauffant leur milieu, elles prennent le dessus. Le système repart dans l’autre sens, jusqu’à ce qu’il fasse de nouveau trop chaud…« 

Je sais pas ce que ça t’évoque, mais moi cette histoire de pâquerettes (Daisyworld) ça me fait penser au destin de l’humanité. Celle-ci a trouvé sur Terre un ensemble de propriétés qui lui ont permis d’apparaître, de se développer, au point d’occuper toutes les zones habitables de la planète. Aujourd’hui cette population, qui n’a jamais été aussi nombreuse au cours de son histoire, exerce sur son environnement une pression énorme : prédation et pollution des ressources. Du point de vue de nombreux/certains scientifiques, philosophes, auteurs (tu peux aller voir ces liens, ils sont passionnants), l’humanité a atteint (ou est sur le point d’atteindre) le moment du déclin. On pourrait dire qu’elle est dans la même situation critique que la pâquerette blanche de Lovelock (ou plutôt, de celle de la pâquerette noire, si l’on cherche une analogie avec le réchauffement de la planète). Peut-on encore enrayer la chute qui se profile ? Est-ce seulement possible ?

Voilà, c’était une petite réflexion comme ça.

A part ça, quand même, pour pas trop plomber l’ambiance avant le week-end, une bonne nouvelle : tu te souviens de la pétition que je t’avais demandé de soutenir ici-même à propos du maire du Thor (Vaucluse) qui avait déclaré sa commune anti-OGM ? L’Etat avait attaqué en justice sa décision. Le tribunal administratif a rendu son verdict : le maire du Thor a raison.

Comme quoi, les vendredi 13, on peut aussi annoncer du bonheur.

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7 commentaires sur “Le syndrome de la pâquerette

  1. Vraiment étonnant comme théorie. Merci de nous avoir fait découvrir ça !

    (Et puis…. « Le Maire du Thor avait raison »… il fallait oser.. ;-)))

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  2. Très bel article, la planête est effectivement mal partie et le climat va nous jouer de mauvais tour, juste retour de flamme j’en ai bien peur

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